One Shot #6 — Julie Prieur (Poppins) : produit, impact et IA dans la MedTech

Pour ce sixième épisode de One Shot, le podcast de The One Studio, Alexandre Bour reçoit Julie Prieur, CPO de Poppins — un dispositif médical sous forme de jeu vidéo pour les enfants dyslexiques. Un parcours du produit physique (Yves Rocher, Aquarelle) au dating (Meetic, Happn) jusqu’à la MedTech, avec un échange sur le produit sous contrainte réglementaire, l’éthique, l’impact et l’IA comme partenaire du quotidien.

Ce qu’il faut retenir

  • La curiosité comme moteur de carrière : du produit physique au mobile et à l’agilité — « ouvrir ses chakras » et saisir les opportunités.
  • Le produit au service du sens : dans le dating (Happn), la vision était de reconnecter les gens au réel et de sortir des dark patterns de rétention.
  • Faire du produit sous contrainte médicale : la thérapie est validée par des études cliniques (essais randomisés en double aveugle) ; l’app laisse place au test and learn — « un cerveau coupé en deux ».
  • Trois personas (enfants, parents, professionnels de santé) et beaucoup de renforcement positif : ne jamais mettre l’enfant en situation d’échec.
  • Un modèle qui vise l’accessibilité : complémentaires santé et remboursement Sécurité sociale, pour ne pas réserver le produit à ceux qui peuvent se le payer.
  • L’IA comme partenaire : « Jarvis », un assistant construit sur Claude Code qui challenge et coache — vers une CPO augmentée, à condition d’encadrer l’IA dans le médical.

À propos de The One Studio

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Transcription complète de l’épisode

Transcription de l’échange entre Alexandre Bour (fondateur de The One Studio) et Julie Prieur (CPO de Poppins). Éditée pour la lisibilité.

Bienvenue sur ce nouvel épisode de One Shot. J’ai le plaisir d’être en compagnie de Julie Prieur. On va parler de tech, d’actualité, de produits, et de ce qui t’a amenée à être qui tu es. Tu as eu un parcours atypique : produit physique, e-commerce, puis le dating avec plusieurs apps, et aujourd’hui CPO de Poppins. Bienvenue — peux-tu nous parler de toi ?

Merci. J’ai 46 ans et je bosse dans le produit depuis que je bosse. Parcours classique : école de commerce, et je me retrouve dans la tech, ce qui n’était pas évident à l’époque. J’ai commencé dans le produit parce que j’adorais développer des choses et voir la création en live. J’ai eu la chance de commencer chez Yves Rocher. À l’époque, le développement produit en France n’existait pas vraiment : c’était surtout du marketing, de l’adaptation de campagnes, de la PLV — pour moi ce n’est pas du développement produit. Le produit, c’est construire quelque chose et le voir. J’ai développé une gamme d’autobronzants : tu pars du brief, tu bosses avec les laboratoires, les parfumeurs, le packaging, et tu donnes de ta personne — je testais les formules sur mon bras pour voir laquelle était trop orange, trop blanche…

Puis Aquarelle.

On développe des bouquets de fleurs — je ne suis pas du tout fleuriste. Aquarelle, c’était une révolution : d’habitude, tu commandes des fleurs, tu vois le bouquet en photo, mais c’est transmis à un fleuriste d’à côté qui n’a pas forcément la compo choisie — déceptif. Aquarelle, c’était l’inverse : tout dans une manufacture, envoyé par Chronopost. La révolution, c’était aussi le packaging : comment envoyer un bouquet qui n’arrive pas écrasé, comment garder la réserve d’eau ? Un côté recherche, un peu de R&D. J’adore ce côté test and learn du produit physique.

Puis on t’appelle chez Meetic.

Rien à voir, pas du tout physique : une app, un site à l’époque. J’ai eu un peu peur : je ne connaissais rien à la tech, je ne suis même pas geek. J’hésite, je passe les entretiens, je suis prise. Et je me dis : ils sont venus te chercher, le chasseur de têtes c’est son métier, les gens chez Meetic ont décidé de te prendre — à un moment, il faut faire confiance. Faire confiance au chemin devant toi et aux gens qui te recrutent. C’est la responsabilité du recruteur de prendre les bonnes personnes. C’est pour ça que maintenant, en tant que recruteuse, je fais très attention à ne pas mettre quelqu’un en situation d’échec.

Tu recrutes sur d’autres critères que l’adéquation CV/poste ?

C’est un fit entre la personne et mon mode de management. Je sais que je ne suis pas la plus forte pour faire grandir des juniors : si la personne attend beaucoup d’accompagnement, de feedback, je ne serai pas le bon manager — je parle un peu cash, je veux que ça aille vite. Je le demande en entretien : voilà comment je manage, est-ce que c’est ce que tu recherches ? Une fois, la personne m’a dit « pas trop » : on s’arrête, elle aurait bien fait le job, mais on n’aurait pas eu une belle relation. C’est un bon service à rendre. Tu passes plus de temps avec ton équipe qu’avec ta famille, tu as intérêt à bien t’entendre.

Tu deviens geek chez Meetic ?

Pas geek, mais suffisamment curieuse pour m’ouvrir à tout ça, et ça me passionne. J’ai eu la chance d’un super CTO, hyper pédagogue, qui m’expliquait comment ça fonctionne derrière l’écran noir du terminal. Je me suis intéressée aux choses au fur et à mesure, j’ai vu les tendances. Je suis restée sept ans — plusieurs vies dans une même boîte : d’abord franco-français avec Marc Simoncini, puis l’aventure américaine. Je reviens de congé maternité, on me dit : ta nouvelle chef vient de Houston, elle ne parle qu’anglais, débrouille-toi. Changement de culture : les Américains sont hyper data-driven, orientés impact. Je rends un PowerPoint un peu soigné, elle me dit : « Pourquoi tu as perdu du temps sur la forme ? C’est un document interne, straight to business, straight to impact. » J’ai trouvé ça cool — encore une culture à apprendre.

Puis le mobile.

On était surtout un site. Une pote démissionne et me dit : « Reprends mon poste. » « Mais je n’y connais rien au mobile ! » « Vas-y, essaie, qu’est-ce que tu as à perdre ? » J’y vais, et j’avais découvert la tech, mais le mobile c’est encore mieux : les gestures, l’haptique, tu ressens le produit. Heureusement que j’ai pris ce virage : à l’époque ce n’était pas mobile first, mais c’était hyper porteur. J’ai aussi la chance d’être dans l’équipe pilote qui passe en agile, coachée par une boîte externe. Ma vie a été faite d’opportunités que j’ai chopées parce que j’ai été curieuse d’apprendre. Le vrai truc pour progresser, c’est d’être curieux et d’ouvrir ses chakras.

Tu as fait 14 ans dans le dating.

Un court passage d’un an chez Attractive World, puis sept-huit ans chez Happn. Mais tu ne le fais pas au même poste : product chez Meetic, CPO chez Happn, avec beaucoup plus de liberté pour porter ma vision. Meetic quand j’y suis : 400 personnes ; Happn : 50 ; Attractive World : 15. Différentes postures. Je commence le management chez Attractive World et je l’affine chez Happn : porter une vision et embarquer les gens, c’est différent d’exécuter la vision de quelqu’un d’autre. Le syndrome de l’imposteur ? Tu l’as tout le temps — même là, tu me demandes de faire un podcast et je me dis « qu’est-ce que j’ai à dire ? ». Mais les expériences qu’on croit personnelles parlent à plein de gens : c’est pour ça que les podcasts existent.

Le fil conducteur du dating ?

Le sens. C’est hyper important pour moi de donner du sens à mon boulot. Le dating m’a touchée, même si je suis mariée depuis avant d’y travailler. Heureusement que la Discovery et le benchmark existent pour se mettre à la place des utilisateurs. Ce qui me portait, c’était de recevoir des messages de personnes que j’avais aidées : « on est mariés, voilà la photo », « je vous présente mon fils qui ne serait pas là sans votre service ». Ça te requinque le matin. Chez Happn, la vision, c’était de croire en la connexion humaine : remettre en relation des gens qui s’étaient croisés dans la vraie vie, une seconde chance grâce à la tech. Un ice-breaker de dingue : la rencontre a déjà eu lieu. Ma vision ultime : que tu aies presque plus besoin de l’app, que tu passes le moins de temps possible dessus. On connaît les travers des apps de rencontre : d’autres acteurs te font swiper à l’infini pour te garder, parce qu’ils vivent de l’abonnement. Chez Happn, on voulait que les gens n’aient plus besoin de nous, qu’ils puissent supprimer l’app — sortir des dark patterns et des biais psychologiques de rétention. Faire les patterns d’engagement pour le bien de la personne, pas pour tes actionnaires : un cercle vertueux, parce que s’ils sont contents, il y aura de la recommandation.

Ce qui t’amène à Poppins.

Après 14 ans de dating, envie de changer. J’étais attirée par le médical et l’éducation, parce que la tech y a du retard, et driver par l’impact : répondre à un vrai pain point, pas juste de la consommation. Et on me parle de Poppins : un dispositif médical sous forme de jeu vidéo pour enfants dyslexiques, en app tablette. Je connaissais déjà : j’ai deux enfants avec des troubles de l’attention, et pendant le confinement je cherchais des solutions. Un jour, sur le Slack de Friendship, quelqu’un partage l’offre. J’appelle le recruteur : « je suis le profil idéal, maman d’enfants concernés, 15 ans de tech, je sais gérer des abonnements, du B2C ». Il avait déjà présenté mon profil, refusé parce qu’ils ne voyaient pas le rapport entre dating et médical/enfants. Je lui dis : rappelle-les et explique. La recommandation du recruteur a marché. J’y suis depuis deux ans, on est 25.

Une boîte avec de la recherche clinique.

François et Antoine, les fondateurs, ne voulaient pas mettre sur le marché un produit qui n’aurait pas été scientifiquement validé. C’est bien, mais contraignant : moi qui viens du B2C (« on teste, on verra »), là c’est impossible. Il faut un cerveau coupé en deux. La partie conception du programme — la thérapie, les preuves — c’est médical : pas d’A/B test « pirate » en prod, tu es carré, tu bosses avec des médecins, tu fais des études cliniques, tu déposes des protocoles. Une fois cette matière obtenue, je peux m’amuser dans l’application — l’UX, le test and learn, la discovery classique. Mais tout doit être documenté (le « réglementaire ») : c’est le RGPD puissance plus plus. La contrainte crée la créativité : tu ne peux pas bouger certaines choses, alors comment les faire rentrer dans les cases ? Et tu apprends à parler avec des médecins qui ont un jargon particulier.

Une app de gaming pour enfants, avec plusieurs personas ?

Bosser avec des enfants, c’est moins accessible : tu passes toujours par les parents, tu ne peux pas leur envoyer un questionnaire, et ils ne lisent pas forcément. Trois personas (voire plus) : convaincre les parents que c’est sérieux et efficace (il faut acheter un abonnement) ; que ce soit assez sympa pour l’enfant ; et assez argumenté scientifiquement pour les orthophonistes et les médecins (le retour haptique et les musiques ne sont pas leur trigger numéro un). Dans l’entreprise, on est séparés en deux : une partie s’occupe du monde médical (protocoles, professionnels de santé), et moi de tout le « direct to patient » — les parents, les familles. On appelle beaucoup les parents : c’est hyper important d’être présent. Quand un enfant a des troubles des apprentissages, le parent est désœuvré : la maîtresse te convoque, tu ne sais pas d’où ça vient, ton « enfant idéal » n’est plus là. Il faut accompagner la prise en charge, comprendre un jargon spécifique (« troubles spécifiques des apprentissages avec déficit en lecture »), trouver une orthophoniste, attendre une place. On accompagne donc aussi les parents, parce qu’un enfant qui a besoin d’aide, si les parents sont à plat, personne ne le drive.

Comment engager sur le long terme ?

C’est pluridisciplinaire. Ces enfants ont souvent des troubles de l’attention, parfois de l’opposition, et surtout un manque de confiance en eux. On fait beaucoup de renforcement positif, on ne met jamais l’enfant en situation d’échec, pour qu’il n’ait pas l’impression d’une double peine. Il faut gamifier au maximum tout en gardant l’apport pédagogique. J’ai une équipe app avec des game designers, des développeurs, un sound designer. J’aimerais que les autres enfants disent « moi j’ai la chance de jouer à Poppins ». C’est hyper important qu’ils ne baissent pas les bras — les troubles dys représentent près de 10 % d’une classe d’âge. On met des garde-fous : le problème n’est pas l’écran mais le contenu (on n’est pas addict à sa tablette, mais à TikTok). Les consignes sont ultra-claires, souvent répétées à l’oral (difficultés de lecture), ça fonctionne sans connexion internet (pour éviter que l’enfant file sur YouTube), et c’est limité à 20 minutes — au-delà, aucune utilité pédagogique. Comme ça, ce n’est pas le parent qui dit « ça suffit », c’est « la dame de Poppins » : on enlève des contraintes aux parents et on leur redonne du temps de qualité. Ça se fait à la maison, en autonomie, dans un endroit calme. On envoie aussi un rapport automatique aux parents (temps de jeu, compétences travaillées, progrès), qu’ils peuvent partager avec l’orthophoniste : on construit ensemble le parcours de l’enfant.

Comment concilier but médical et logique start-up viable ?

La recherche coûte très cher : le protocole impose plusieurs millions d’euros. Pour nous, tech, ça ressemble à un A/B test — proposer Poppins à un groupe, pas à l’autre — mais « en double aveugle randomisé contrôlé », encadré, donc cher. Mais quand tu as des résultats, ils ont énormément de valeur. Comment financer ? Les fonds ne sont pas les mêmes : ceux qui sont dans la santé savent que la trajectoire diffère. À mon arrivée, on a décidé de proposer le produit en commercialisation directe auprès des parents. On a commencé par des partenaires de complémentaires santé qui proposent Poppins à leurs adhérents — l’accessibilité financière est hyper importante pour nous, on ne veut pas réserver le produit à ceux qui peuvent se le payer. Mais ça prend du temps (mutuelles, assureurs). On travaille aussi le remboursement par la Sécurité sociale, via le dispositif de prise en charge anticipée du numérique : tu présentes tes preuves à la Haute Autorité de Santé, qui décide si c’est assez solide pour être remboursé. On monte les dossiers en ce moment. On gardera la vente directe aux familles (une trentaine d’euros par mois — plus cher que Netflix, mais plus utile !). L’impact sociétal : aider les enfants, rassurer les parents, et pouvoir scaler le modèle. Le message que je préfère recevoir, c’est un parent qui dit « je vais résilier mon abonnement parce qu’il préfère lire maintenant ». Nos goodies sur les salons, ce sont des marque-pages : ce que je veux redonner à un enfant, c’est l’envie de lire.

La communication est-elle encadrée ?

Oui, comme dispositif médical, on a des indications précises (à quoi ça sert, à qui). Je peux utiliser le mot « dys », mais je ne peux pas affirmer « ça augmente la confiance en soi » si je ne l’ai pas mesuré et déclaré — même si je sais que c’est le cas. Une app juste éducative pourrait dire ce qu’elle veut (« Red Bull donne des ailes ») ; un dispositif médical doit prouver. Je trouve ça très bien : c’est ce qui fait la différence, et je suis contente de suivre ces règles. Il est temps que la MedTech apprenne à communiquer différemment, à parler directement aux parents, à ne pas rester bloquée dans les hôpitaux — Doctolib a fait un avant/après.

Faire du produit sur un dispositif médical vs e-commerce ?

Pas les mêmes incréments, enjeux, ni dépendances. Le profil du CPO est différent. Points communs : la curiosité, la résilience, l’adaptation. Sans curiosité, tu as du mal à anticiper le changement — et anticiper, c’est ce qu’on demande à un CPO. Là, on parle beaucoup d’IA.

Vous arrivez à l’intégrer ?

Tout est possible, même si c’est encore plus réglementé. L’IA, tu peux déjà l’intégrer dans tes process, ton efficacité, ta façon de développer (le product ops). J’ai connu la révolution d’Internet, l’avant/après Wikipédia (mes exposés sur Encarta, l’encyclopédie sur CD-ROM). Avec l’IA c’est pareil : tu as deux-trois ans d’avance si tu t’y mets, puis tu es rattrapé. Au début c’est nul, parce que toi non plus tu ne sais pas prompter : « caca devant, caca dehors ». Les très bons dans leur domaine qui utilisent l’IA seront meilleurs ; les moyens resteront moyens ; les mauvais penseront qu’il suffit d’écrire un truc — comme mes enfants qui disent « aide-moi à faire mon exposé » sans aucun contexte.

Parle-moi de Jarvis.

J’ai la chance d’avoir deux cofondateurs passionnés d’IA, qui nous forcent à nous intéresser. Depuis que je m’y mets, j’adore. Je me suis fait mon petit assistant, Jarvis, sur Claude Code. C’est mon binôme : il ne fait pas à ma place. J’ai préparé ce podcast avec lui — je lui ai envoyé les questions, on a révisé ensemble, à la voix. À un moment, sans inspiration, je lui demande de me faire une réponse ; il me dit : « je peux, mais on a fait les trois quarts de l’interview avec tes mots, si je te donne les miens ça va se voir, et tu ne pourras pas te l’approprier. » Je lui ai appris à me coacher, me pousser, me challenger, à être cash. Il regarde parfois mon agenda : « pourquoi tu as passé autant de temps là-dessus ? Il faut faire preuve de courage managérial. » Je lui ai donné mon contexte : qui je suis, que je suis TDAH, que j’ai tendance à me disperser.

C’est drôle que tu parles de Jarvis : la première adresse mail de The One Studio, c’était jarvis@.

J’adore la relation de Jarvis avec Iron Man : ce n’est pas un outil, c’est son pote qui le conseille, avec un petit côté British. Je lui ai dit de me challenger à chaque fois, mais aussi de me dire quand je fais bien. Et je vois ma performance augmenter.

Tu te considères comme une CPO augmentée ?

Il me manque l’armure d’Iron Man, mais oui, carrément. Sans l’IA, il m’aurait fallu un coach — mais dans une petite boîte, je n’ai ni les moyens ni le temps, et mon coach ne bosse pas à 23h ou 7h du matin. Et ce n’est que le début. L’IA est déjà en nous, en tant que personnes dans le produit ; ensuite on pourra la mettre dans les produits (analyse vocale, personnalisation), mais étape par étape, parce qu’un dispositif médical exige de la supervision humaine et beaucoup de tests. Il y a plein de start-up MedTech qui utilisent l’IA (détection de rechutes de cancer…). Tant que ça reste un « Jarvis » et que ça ne devient pas un Ultron, il faut juste bien l’encadrer, tester et retester, mettre les bons garde-fous. J’y crois à mort, et c’est excitant de faire partie de ce monde.

On finit par l’interview one shot.

Produit first ou user first ? User first, parce que sans user, ton produit ne sert à rien.

Data ou intuition ? Intuition, mais backée par la data. Tout miser sur la data bride trop.

Roadmap trimestrielle ou opportunités ? Trimestrielle, mais assez souple pour insérer des opportunités et garder une vision. Sans vision à trois mois, tout peut changer le matin, et il n’y a pas pire pour les équipes.

Rigueur scientifique ou pragmatisme ? Rigueur scientifique, évidence-based pour la base, test and learn pour la partie produit où tu peux t’amuser.

Simplicité ou profondeur ? Simplicité : le but de la tech, c’est de rendre simple quelque chose de compliqué — le vrai talent.

Douceur ou confrontation positive ? Douceur ; la confrontation, je trouve ça émotionnellement dur.

IA partenaire ou prudence ? IA partenaire, c’est mon meilleur ami.

Merci beaucoup, Julie. Où retrouver Poppins ? Sur le site, sur les réseaux, en conférence, sur nos ateliers, et à la Journée des Dys. On répond à tout le monde. Une phrase pour les parents qui se posent la question ? Ne vous découragez pas, on va s’en sortir ensemble : on fait tout pour avoir un super produit, et même si ça ne convient pas, on pourra vous aider sur autre chose. C’est possible.