One Shot #2 — Mario Vives (Coinhouse) : rendre la crypto accessible à tous

Pour ce deuxième épisode de One Shot, le podcast de The One Studio, Alexandre Bour reçoit Mario Vives, Head of Product chez Coinhouse — pionnier et leader français de la crypto. Au programme : le métier de Head of Product, une approche pragmatique loin des méthodes « by the book », le management sans ego, la parité dans la tech, et une plongée dans l’univers de la crypto (transparence, décentralisation, régulation, éducation financière).

Ce qu’il faut retenir

  • Le rôle du Head of Product : faire en sorte que le produit fonctionne parfaitement pour les clients — expérience fluide, tech solide, business model viable.
  • « Plus je vieillis, plus je simplifie » : moins d’acronymes, parler directement aux clients (et aux non-clients), adapter sa méthode au secteur plutôt que d’appliquer les méthodes « by the book ».
  • Management sans ego : mettre son équipe en avant, « tailler les diamants bruts ». La relation tech/produit, c’est « un vieux couple » en bonne intelligence.
  • Coinhouse : rendre la crypto accessible à tous, dans un cadre régulé (AMF, MiCA), avec une soixantaine de cryptos sélectionnées par comité.
  • La crypto : une technologie transparente et traçable, décentralisée, disponible 24/7 — et un vrai enjeu d’éducation financière en France.
  • Le conseil de Mario : la curiosité, la vraie — aller rencontrer les gens — et se lancer dans l’éducation financière, même avec 10-20 € par mois.

À propos de The One Studio

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Transcription complète de l’épisode

Transcription de l’échange entre Alexandre Bour (fondateur de The One Studio) et Mario Vives (Head of Product, Coinhouse). Éditée pour la lisibilité.

Bienvenue dans One Shot, pour ceux qui vont nous écouter et nous regarder. Aujourd’hui, je suis en compagnie de Mario Vives, Head of Product chez Coinhouse. Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aimerais te remercier d’être présent. C’est très chouette de pouvoir échanger sur un format de podcast, te permettre de montrer un peu au monde qui tu es, ce que tu fais. Comment ça va ?

Merci à toi de m’avoir invité. C’est un exercice pas facile, mais j’ai envie de le faire, parce qu’il faut faire un peu d’« ego trip » pour être connu et reconnu. Donc avec plaisir, et ça va très bien.

Tu t’attends à quoi aujourd’hui ?

Je ne m’attends jamais à rien, parce que je suis toujours déçu ! Je m’attends juste à échanger avec toi, prendre du plaisir, et si possible inspirer les gens. Si je peux donner un coup de main à quelqu’un, c’est toujours cool.

L’idée de ce podcast, c’est de permettre aux personnes qui font les applications qu’on utilise au quotidien de se mettre en avant, de parler de leur vie, de ce qu’elles ressentent. On a tendance à oublier que les produits qu’on utilise sont créés par des humains. On est à l’ère de l’IA, et pourtant 99,9 % des produits ne sont pas encore créés par elle. J’aimerais d’abord en apprendre un peu plus sur toi. Si je ne dis pas de bêtises, ta carrière a commencé dans les RH.

Exactement. Ce qui est important, c’est que j’ai gardé la même âme d’innocence depuis toujours, malgré le monde dans lequel on vit. Je suis toujours optimiste. Mais oui, j’ai commencé dans les RH, et honnêtement pourquoi ? Parce que je savais utiliser un ordinateur et un logiciel. C’est vraiment pour ça. Un job d’été qui s’est transformé en alternance. J’étais un peu paumé, je voulais faire du digital — j’ai toujours voulu faire du digital. Je suis un geek ; on s’est toujours moqué de moi en disant que ce n’était pas un métier. Ça a bien changé : les geeks ont pris le pouvoir. J’étais à l’aise avec l’informatique, je savais traiter rapidement de l’information et de la donnée, à une époque où le digital n’était pas encore en pleine expansion.

Tu as vécu la première bulle Internet ?

Je l’ai vécue, mais j’étais trop jeune. J’étais peut-être dans les premiers utilisateurs de Twitter, vers 2007-2008. J’ai vu YouTube naître — c’était Google Vidéo à l’époque, j’en ai même fait avec des amis pour rigoler, en se disant que ça ne serait jamais un vrai métier. On voit maintenant les youtubeurs. Je suis allé dans une école de commerce qui proposait des formations digitales, c’était innovant à l’époque. J’ai commencé par une agence de com digitale (FullSIX), c’était génial. Puis je suis rentré dans le conseil parce que ça payait bien, on monte vite en compétence, on rencontre beaucoup de clients, on se fait son réseau : Altran, Devoteam, j’ai même monté un cabinet de conseil. Et aujourd’hui je suis dans l’opérationnel, parce que c’est ce qui me plaît le plus.

Il y a eu un moment où tu t’es dit « je ne suis pas au bon endroit » ?

Pour personne ce n’est un plaisir de travailler — on peut prendre du plaisir en travaillant, ça oui. Si je pouvais faire autre chose, je monterais sûrement une chaîne YouTube sur les jeux vidéo et le champagne ! Mais aujourd’hui ça me plaît, je suis à ma place. J’ai toujours été passionné par l’innovation au sens large — c’est pour ça qu’on nous appelle geeks, mais on est surtout passionnés d’innovation. Je vois l’IA avec des yeux d’enfant. Et il y aura d’autres choses que l’IA : notre génération va vivre toutes les révolutions technologiques possibles.

Sur l’IA justement ?

Je suis plutôt de la team « l’IA va révolutionner notre consommation au quotidien ». Ce que je retiens surtout : on va pouvoir remettre plus d’humain quand il y aura plus d’IA. Ça va permettre de se focaliser sur l’essentiel et de virer tout le superflu.

Tu es passé par des grands groupes, du conseil, des scale-up. Est-ce vraiment différent, le métier de Head of Product, entre une scale-up et un grand groupe ?

Ce n’est pas tant scale-up ou grand groupe, c’est la typologie de l’entreprise qui change. Chez Coinhouse, c’est « facile » de parler de produit parce que tout se passe sur la plateforme : les clients n’ont pas le choix, s’ils veulent de la crypto, ils passent par notre app ou notre site. D’autres sociétés — LVMH, Monoprix… — vendent des produits physiques ou font de la distribution et utilisent les outils numériques pour vendre plus, mais ce n’est pas du produit numérique comme chez Coinhouse. J’ai bossé chez Bel (les fromages) : là, tu maximises les ventes de produits physiques. De l’autre côté, tu maximises le nombre d’utilisateurs sur la plateforme. Ce n’est pas le même enjeu.

Ton intérêt principal, c’est le financier ou d’abord le ressenti utilisateur ?

Les deux — tu es obligé d’avoir un cercle vertueux. Tu ne peux pas être focalisé uniquement sur les besoins financiers, même s’ils sont nécessaires : il faut me payer, payer mon équipe, les locaux. Il y a une réalité économique dont beaucoup d’entrepreneurs ne parlent pas assez, et ce n’est pas pour s’enrichir, c’est pour faire vivre la société. Mais si on ne satisfait pas le client, on n’a pas de revenu. Plus tu maximises l’expérience utilisateur, plus tu gagnes d’argent derrière. Pour moi ils sont indissociables. Si ton business model a un product market fit, tu vas gagner de l’argent, et c’est normal.

C’est quoi, pour toi, un bon product market fit ?

C’est une question un peu trop compliquée pour une réponse rapide. Quel que soit le produit, tu cherches à résoudre des problématiques. Chez Coinhouse, on veut rendre la crypto accessible à tous : comment la rendre accessible, intéressante, simple. Je le disais en intro : il faut que je l’explique à ma mère — je n’ai toujours pas réussi et je vivrai très bien avec ! Nos clients veulent accéder à la crypto pour son potentiel d’épargne et de plus-values. C’est fini les fois 1000 et les multimillionnaires, mais il y a des possibilités de meilleurs rendements que sur des produits classiques.

Le métier de Head of Product, tu l’expliquerais comment simplement ?

Les clients doivent avoir une expérience de l’application la plus fluide et la plus simple possible ; il faut que technologiquement ça fonctionne bien (que ça aille vite, que ça ne plante pas, qu’il n’y ait pas d’erreurs — il n’y a rien de pire que les erreurs) ; et il faut un business model qui fonctionne. Mon métier, c’est de faire en sorte que tout ça fonctionne bien pour nos clients.

Un mythe que j’aimerais casser : avant 2015 en France, à part deux-trois personnes très calées, le « product » n’existait pas vraiment. Avant, on faisait de la chefferie de projet — et certains en font encore. Moi j’ai toujours aimé cette approche, de façon intuitive : casser les gros bouts en petits bouts pour comprendre les problématiques, m’intéresser à ce dont les gens ont besoin. Dans le métro, je me demandais : « de quoi ils ont besoin ? ». Mon vrai tournant, c’est chez Fnac Darty, où j’ai été Product Manager. Ce sont aussi les gens qui font le produit : quand tout le monde a un bon mindset, ça marche vraiment bien. C’est ce que j’essaie d’insuffler chez Coinhouse.

Tu as une méthodo quand tu arrives sur un produit ?

Plus je vieillis, plus je simplifie. J’évite les acronymes et tout ce qui est compliqué — on a perdu le sens des choses. Je m’intéresse à ce que nos clients aiment, mais aussi à nos non-clients : pourquoi ne s’intéressent-ils même pas à la crypto ? Il y a toutes les méthodologies du monde, mais il faut juste aller parler à ses clients. Côté tech, faire des choses simples, limiter les règles de gestion. Et le troisième pan, c’est le business. Moi je fais du pragmatique. J’ai tout lu de ce qui existait en méthodologie, mais je reviens à des fondamentaux très simples, et j’aime faire du custom : en B2B tu ne t’adresses pas comme en B2C. Je vois des gens qui se voilent la face derrière le produit, qui veulent appliquer telle méthode partout — ça ne marche pas partout.

Le fameux « by the book »…

Tu as besoin de lire ces livres pour te faire ton avis, c’est la base. Ça ne me dérange pas quand les jeunes arrivent en disant qu’ils ont tout lu — il faut juste confronter à la réalité du terrain. Je vois des phases de discovery qui donnent l’impression de durer six mois… six mois, c’était quand je faisais du projet en cycle en V ! Ce que j’aime : OK, on veut dérisquer nos produits, pas de problème ; comment on a un maximum de valeur en un minimum de temps ? Pas pour aller vite, mais pour se focaliser sur le plus important. Aux jeunes je dis : impose ton style, n’aie pas une pensée unique, c’est comme ça qu’on crée les meilleurs produits. Mais comment tu me produis ça en un minimum de temps ?

Coinhouse, c’est une app et un site web. Tu as toujours travaillé sur mobile ?

J’ai quasiment toujours fait les deux, web et mobile, complémentaires. L’explosion du mobile est une évidence : plus personne ne se lancerait sans app, c’est du « mobile first ». Sur un OS préféré, comme tout le monde dans le produit : iOS. Parce que ça marche. Un PM de mon équipe avait un Android et l’app ne fonctionnait quasiment jamais chez lui : il a même changé de téléphone en disant « j’en ai marre d’être exclu de la communauté ». Moi, je suis passé chez Apple il y a quelques mois et je ne suis jamais revenu en arrière.

Parlons de ton équipe.

Le management, c’est peut-être la partie qui me plaît le plus, parce que j’aime les gens. Aujourd’hui, j’ai quatre product managers, trois product designers, et quatre QA — j’ai récupéré la partie QA il y a un an et demi, parce que la qualité du produit c’est important. On a créé des duos PM / product designer, et des trios avec la QA, bonne entente, bon mindset. Il faut se former au management : il y a des personnalités différentes. Pour moi, ce n’est pas une optimisation de productivité, c’est mettre les gens en avant. Les gens n’ont pas forcément conscience de leurs capacités — c’est un diamant brut qu’il faut tailler pour qu’il brille. Je n’ai aucun souci que mon équipe brille plus que moi, j’ai tué mon ego il y a longtemps parce que ça pose beaucoup de soucis dans les sociétés.

La relation entre ton équipe produit et les devs ?

On a tous la même philosophie, et c’est pour ça que ça marche. J’ai toujours adoré travailler avec les devs : ils rendent vivants des concepts. Il n’y a pas de question de supériorité. On va sur le front avec notre bâton de pèlerin pour casser les problématiques, et de l’autre côté il y a des gens qui matérialisent ce qu’on a conçu. On travaille en très bonne intelligence, tech et produit — parfois des conflits, comme un vieux couple qui s’engueule, mais sans condescendance. Quand mes PM me disent « là, côté tech, ça va être chaud », je leur dis : viens, on va leur demander, peut-être qu’il y a des solutions.

La parité hommes-femmes dans une équipe produit ?

C’est un super sujet, toujours compliqué. Un peu naïvement, je n’ai jamais fait de différence homme-femme. Le problème d’une société comme Coinhouse, c’est la finance. Aujourd’hui il y a trois femmes dans mes équipes — il n’y en avait qu’une avant. À un moment, on a voulu faire de la discrimination positive : j’ai contacté personnellement une vingtaine de PM femmes, et la réponse la plus commune était « la finance, ça ne m’intéresse pas trop ». Ce n’était donc pas le produit le problème, mais la finance. Il y a une démystification à faire autour de la finance et des femmes. Je pense aussi à Women in Product et Women in Sales, c’est vraiment cool.

Parlons de MayBeLab.

C’est mon laboratoire — d’où le « lab ». « Ma » pour Mario, « Be » pour Baker, mon associé. On adore l’organisation, notre deuxième cerveau c’est Notion. On a voulu mettre à disposition notre structure sous forme de templates Notion, accessibles au maximum de personnes. On teste des choses, l’IA, des liens sponsorisés… On aime apprendre. En France on est vite limité pour faire ces expériences, et c’est comme ça que MayBeLab est né. Ça ne rapporte pas des mille et des cents, ça paie des factures et des abonnements, mais on s’éclate. Ce n’est pas pour la richesse ni la gloire, c’est la quête de l’inconnu, le savant fou en moi. Ce que je fais avec MayBeLab, je le ferais même si ça n’existait pas : j’ai toujours fait de la veille, j’étais le premier sur Revolut. En vacances, pendant que mon fils faisait la sieste, j’ai testé toutes les IA. Je ne considère pas ça comme du travail, ça me passionne.

En jeu vidéo, tu es un « tryhard » ?

Non, je joue pour l’histoire, il faut que ça reste du plaisir. C’est pour ça que j’ai refusé une carrière dans le jeu vidéo : je ne veux pas être dégoûté, je ne peux pas que mon travail soit ma passion. J’aime God of War, Spider-Man… je joue à Warzone et à FIFA comme tout le monde, mais je suis là pour m’évader.

Peux-tu nous expliquer ce qu’est Coinhouse ?

Coinhouse existe depuis 2014 : on est les pionniers et les leaders français de la crypto. L’idée, c’est de rendre accessible à tous cette révolution crypto, le plus simplement possible : l’achat, la conservation et la vente de crypto la plus simple possible. On a des experts à Paris qui conseillent les clients. Nos experts sélectionnent une soixantaine de cryptos via des comités, c’est très sérieux : il y a des cryptos qui sont des arnaques, on n’y va pas. Coinhouse est régulé (enregistré auprès de l’AMF, et le cadre européen MiCA arrive), et on utilise les meilleures technologies de sécurisation. Côté produit, environ 50 % des sujets sont liés au légal et à la compliance. Coinhouse, c’est une fintech.

On ouvre le sujet crypto ? (Avertissement : ce n’est que la vision personnelle de Mario, pas celle de Coinhouse, et ce n’est pas un conseil d’investissement.)

Je suis entré dans la crypto parce que je voulais faire de l’innovation, pas parce que je voulais de la crypto. En 2022 c’était un produit innovant, et ça l’est encore. Toutes les plus grandes banques du monde s’y sont mises — en réalité c’est un abus de langage : ce n’est pas tant la crypto que la technologie derrière, la blockchain.

Comment continuer à innover sur un produit fintech aussi complexe ?

J’aime bien l’exemple d’Alan : leur innovation, c’est d’avoir rendu simple un process compliqué. L’innovation, ce n’est pas proposer du compliqué, c’est proposer du compliqué de façon simple. Personne n’a vraiment craqué le code pour que la crypto intéresse tout le monde. Il faut simplifier les applications, moins de wording compliqué (Web3, NFT…). Mais la finance est compliquée aussi : on a plus largement un problème d’éducation financière en France, plus qu’un problème de moyens.

Coinhouse aide sur ce sujet ?

On crée beaucoup de contenu, on vulgarise — rien que notre newsletter hebdomadaire est très riche. Mais le problème est plus large. Selon l’AMF : 80 % des Français ont de l’argent sur un livret, 38 % en assurance vie, 10-12 % sur les actions, et environ 10 % sur la crypto. Autant de gens ont des actions que de la crypto ! L’objectif, c’est d’éduquer les 90 % qui ne détiennent pas encore de produits financiers.

Sur les agressions récentes de détenteurs de crypto ?

C’est très grave et pas agréable. La sécurité, on y a toujours fait attention — c’est de l’argent — et on l’a renforcée. Moi, à titre perso, je n’en possède pas beaucoup, ça ne sert à rien de venir me voir ! Ce qu’il faut expliquer : tout est tracé. Il n’y a rien de plus transparent que la crypto ; rien ne vaut une mallette de cash que personne ne voit. Quand il y a une rançon ou un ransomware, les opérateurs mondiaux bloquent les transactions sur leurs plateformes. On récupère les fonds 99 % du temps, parce que c’est transparent : on sait d’où ça part et où ça arrive.

Est-ce que ça ne pose pas une question sur le fait que ça puisse ne pas être contrôlé ?

Ce n’est pas une question de contrôle, c’est une question de décentralisation. Philosophiquement, pour moi le problème, ce sont plutôt les banques que la crypto. La banque a un fichier unique qu’elle détient. Là, tout est visible, d’une transparence monstrueuse. Concrètement : si je t’envoie de la crypto, la transaction va d’une adresse A à une adresse B, tout le monde la voit. Si tu veux vendre, tu passes par un acteur comme Coinhouse ; et si on m’a extorqué, Coinhouse peut bloquer la transaction. Il est plus facile de blanchir de l’argent que de blanchir de la crypto aujourd’hui.

Le plus gros atout de la crypto ?

La technologie. Mon exemple : essayez de retirer un gros montant en banque, vous n’y arriverez pas — parce que votre argent ne vous appartient pas vraiment quand il est à la banque. La crypto est décentralisée, disponible 24h/24, transparente, traçable, et ne dépend pas d’une seule banque mais d’un réseau mondial. La crypto ne dort jamais ; les marchés financiers s’arrêtent, pas ceux de la crypto.

Une faillite est-elle possible en crypto ?

Le risque, c’est plutôt les cryptos qui font faillite ou les arnaques : des fondateurs détiennent une grosse partie d’une crypto et peuvent manipuler le marché. Le dernier en date, c’est Trump : il a sorti sa crypto, ça a fait un x2 x3, il a tout vendu, les gens ont tout perdu. C’est pour ça que chez Coinhouse on regarde qui possède les cryptos avant de les sélectionner. Le risque zéro n’existe pour aucun sujet.

La crypto dans le futur ?

Une analogie qui n’engage que moi : aujourd’hui on ne demande plus « tu as Orange, Bouygues ou Free ? », on demande « tu as Internet ? ». Ce sera pareil pour la crypto : on utilisera les technologies blockchain parce que c’est comme ça, et certaines cryptos pour leurs spécificités. Ethereum, par exemple, c’est celle que les banques utilisent — JP Morgan l’utilise pour ses tests de tokenisation d’actifs. On parlera moins de « quelle crypto » que de « quel fournisseur de services technologiques ». Les banques, les plus frileuses, s’y sont mises : ça va continuer.

Et la crypto avec l’IA ?

Je ne vois pas de concurrence entre l’IA et la crypto, comme je n’en vois pas entre l’IA et Internet. L’IA a besoin d’Internet. Ce sera plutôt « la crypto pour l’IA » (puissance de calcul) que l’inverse. Pour moi, c’est complémentaire.

D’où vient ton énergie ?

De ma soif d’apprentissage. Je vais voir des gens souvent plus intelligents que moi, et je les écoute. Mais ce n’est pas qu’une question d’intelligence : on a tous nos expertises. Je suis fasciné par les gens qui construisent des maisons. Il s’agit de découvrir ce qui drive les gens et de prendre le meilleur de chacun.

Trois ans dans la crypto, ton apprentissage est-il à épuisement ?

Je suis à 5 % ! Je comprends l’aspect financier et les fondamentaux, mais derrière il y a toutes les technologies — c’est un puits sans fond. On a un expert incroyable chez Coinhouse ; j’arrive avec 70 questions à chaque session. Les usages ne sont pas terminés. Les NFT, c’est peut-être la pire erreur marketing au monde, mais il y a des usages monstrueux — l’économie circulaire, les certificats numériques, le luxe, l’immobilier…

Ton next step ?

Une aventure entrepreneuriale m’intéresse par rapport aux valeurs que je veux communiquer : la bienveillance n’est pas un gros mot, on peut être bienveillant et se dire franchement les choses. Ce que j’ai envie d’amener, c’est plutôt une culture d’entreprise — comment tu cadres tes équipes, comment tu leur donnes du sens. Mon next step, c’est peut-être ça : moins le produit, plus la culture d’entreprise. Je pourrais imaginer sortir complètement du produit, parce que je suis curieux de tout : ce n’est pas le produit qui me drive, c’est l’équipe, l’environnement, les challenges d’orga, les rencontres.

L’erreur qui t’a le plus appris ?

J’ai un côté un peu naïf. J’ai appris très tard que tout le monde, dans les sociétés, ne travaille pas forcément pour l’intérêt de la boîte : certains sont plus intéressés par les jeux de territoire, l’ego, être la personne la plus importante de la pièce. Je l’ai découvert chez Fnac Darty. Moi, je suis un bon soldat : on me donne une mission, j’écoute, j’avance, je remonte les alertes — ça ne veut pas dire que je suis un mouton. Je travaille pour l’intérêt de la boîte, jamais pour mon intérêt personnel (pour ça, il y a MayBeLab). Une fois que tu identifies ces personnes, il faut apprendre à jouer sans elles. C’est pour ça que j’ai tué mon ego.

La pub crypto est-elle réglementée, comme les jeux d’argent ?

Oui, réglementations similaires. On a une liste de mots interdits, on ne peut pas garantir des retours sur investissement, on doit apposer des mentions comme « investir comporte des risques ». Ce n’est pas l’anarchie : on est très réglementés (AMF, ACPR).

Ta morning routine ?

Le midi c’est chiant de faire du sport, le soir tu es lessivé : le matin, c’est le meilleur moment. C’est une question de priorité, comme le produit. J’ai toujours été nul en sport, mais j’ai trouvé un sport où je peux être nul dans mon coin sans déranger personne : la boxe anglaise. J’étais sur le ring ce matin. La vie, ce n’est pas simple, il faut prendre des coups.

Ton mot de la fin ?

Tout le monde travaille pour l’argent, et pourtant c’est un sujet sensible en France. Je conseille à tous de commencer une éducation financière. La crypto, c’est génial, et c’est aussi pour cet aspect de liberté financière que je suis chez Coinhouse. On peut investir 10-20 € par mois, et à la fin ça fait beaucoup plus que sur un livret A — la fameuse 8e merveille du monde, les intérêts composés. Votre argent ne vous appartient pas vraiment, et il y a des solutions comme Coinhouse pour vous diversifier.

Un dernier conseil pour les jeunes, dans le produit ou la crypto ?

Un soft skill sous-coté qui marche pour les deux : être curieux, la vraie curiosité. Lire ne suffit pas, il faut aller rencontrer des gens. J’accepte tous les contacts sur LinkedIn pour échanger. Des personnes m’ont tendu la main à des moments donnés, et j’ai envie de tendre la mienne au maximum : ça peut changer une vie.

Merci Mario. Où peut-on te suivre ?

Sur LinkedIn (Mario Vives), je réponds à tout le monde — un peu moins aux messages commerciaux non personnalisés !